Le Bloc-notes de Lekti-ecriture.com

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jeudi, août 14 2008

« La dématérialisation du livre, c'est sa fragmentation »

Présentant son ''Rapport sur le livre numérique'' lors des Assises du livre numérique, Bruno Patino eut une phrase lourde de sens : « La dématérialisation du livre, c’est avant tout sa fragmentation ». L’analyste aux airs de jeune premier mit ainsi fort judicieusement le doigt sur l’un des effets les plus étranges de l’environnement numérique : la mise en cause des unités qui avaient jusqu’ici cours dans le monde du livre et le développement de services présentant de façon isolée ce qui est traditionnement regroupé. Ce raisonnement est vrai tant des contenants (et notamment des livres électroniques qui ne proposent qu’une offre éditoriale partielle en signant des contrats d’exclusivité avec organes de presse ou éditeurs) que des contenus (avec la mise en place de DOI à qui nous avons récemment consacré un billet).

Cet identifiant, se situant à une autre échelle que le livre tel que nous le connaissons, permet en effet de constituer des unités logiques regroupant plusieurs livres (série, collection…) ou, à l’inverse, d’isoler les parties constitutives d’un livre afin de les proposer à la vente. À l’aide de cet outil, les bases de données comme Electre ou les librairies en ligne comme Amazon pourront opérer dans un cadre qui ne sera plus normé par un ISBN, qui fait de la publication la seule unité viable, ce qui pose un problème tout juste esquissé par les rares personnes s’intéressant au sujet : brouillant les frontières existant entre livre et document, les DOI tendent à confondre plus qu’à distinguer ce qui relève du fait d’une publication (faire paraître un écrit possédant un sens et une unité) et de la constitution d’un système d’information (permettre l’accès à un ensemble de données quel que soit leur mode d’organisation et de diffusion).

Au regard de cet identifiant, le livre ne fait plus pleinement sens : la reliure, et plus largement tout ce qui vient conférer une unité à la « liasse » de papier, n’est plus que l’un des modes de présentation d’écrits se prêtant à d’autres configurations en fonction des attentes de ceux qui se les approprient. L’usage pourrait à l’avenir définir la forme que prend la publication : celle-ci pourrait être organisée de manière linéaire afin de répondre à une volonté « d’immersion » propre à la fiction, de manière fragmentaire afin de s’inscrire dans une lecture proche du « picorage » ou de la consultation, de manière transversale afin de constituer un itinéraire au sein d’un ensemble d’écrits d’ores et déjà constitué… La lecture prendrait alors presque le dessus sur l’imprimé en décidant non seulement de la valeur qu’il s’agit de lui prêter mais également de la forme qu’adopterait l’objet auquel elle entend se consacrer.

Dans le cadre de ce livre « fragmenté », l’auteur et l’éditeur deviendraient des pourvoyeurs de données susceptibles d’être assemblés selon des modes qu’ils se devraient de tenter d’imaginer. Faut-il dès lors craindre la généralisation du « digest », de la publication d’œuvres ramenées à un ensemble de morceaux de bravoure, et rester méfiant envers une technologie qui institutionnalise les pratiques de zapping et de « collage » qui sont, selon Jean Caune, au fondement d’une démocratisation culturelle et d’une diffusion moins encadrée des œuvres de l’esprit ? Faut-il à l’inverse considérer ces craintes comme des cris d’orfraies faisant fi des libertés du lecteur (au premier rang desquelles figurent, selon Daniel Pennac, les droits de « sauter des pages » et de « grappiller ») et négligeant les complexités de pratiques de lecture que Michel de Certeau compare à un « braconnage » inventant continuellement les usages d’un livre restant à « habiter » ?

Quelle que soit la position de chacun, force est de constater que l’usage du DOI pose problème et que cet identifiant qui prendra prochainement place à côté de l’ISBN esquisse pour le livre de nouvelles fonctions et pour ceux qui le produisent et le commercialisent de nouvelles missions. Le « bloc-note » et la librairie Lekti entendent les cerner au mieux.

mardi, août 12 2008

Les DOI : vers un au-delà du livre ?

Lors des Assises du livre numérique qui se sont tenues à Paris le 8 juillet dernier sous l’autorité de Christine de Mazières (directrice générale du Syndicat National de l’Édition), Alain Gründ (ancien président des éditions du même nom et actuel directeur général d’Electre) a esquissé le schéma de la réorganisation de la base de donnée de référence de l’édition française.

À l’heure actuelle entièrement organisée autour de la publication et de ses identifiants historiques (auteur, titre, éditeur, ISBN…), celle-ci va évoluer afin de référencer ensembles d’œuvres (multiples publications formant une unité) et parties d’œuvres (chapitres ou les articles dans le cas d’un ouvrage collectif…). Même s’il demeurerait le mètre-étalon du « trésor de guerre » que constituent les 1120000 notices d’ouvrages de la société du Cercle de la Librairie, le livre ne serait plus l’unique échelle de ses activités et prendrait place au sein d’un système d’informations se situant au-delà et en deçà de la publication. La recherche pourrait ainsi s’opérer à partir d’un identifiant ne correspondant précisément à aucun imprimé (l’intitulé d’une « série » de bande dessinée ou d’une « suite » d’ouvrages thématiques) et la commande pourrait porter de façon très précise sur l’un des constituants de ces mêmes ouvrages.

Le bras armé de ce nouveau mode de référencement est un « Digital Object Identifier » composé d’un préfixe (10.XXX) identifiant l’autorité de nommage ainsi que l’éditeur puis d’un suffixe (précédé un slash : « 10.1000/123456 ») identifiant l’objet. L’ensemble du numéro est placé sous la tutelle de l’International DOI Foundation, société à but non lucratif répondant à une règle d’or : « Un DOI peut être attribué à tout objet lorsque se fait sentir le besoin de le présenter comme une entité à part entière. »

On le voit, ce code d’un nouveau type n’a donc rien d’anodin : il entend constituer une forme d’unité ne se fondant pas sur un support (comme le papier cher au livre, le carbone propre au CD ou le silicium de nos disques durs puisque le DOI peut être utilisé pour des objets aussi bien « réels » que « virtuels »), sur un type d’informations (textes, images, sons, logiciels, séquences peuvent être référencés) ou sur un objet (un livre possédant un DOI peut être constitué de parties possédant des DOI et comportant elles-mêmes des sous-parties possédant des DOI et ainsi de suite…).

Le produit culturel n’est ainsi plus caractérisé par son vecteur de circulation (comme c’est le cas pour un ISBN propre au livre et changeant donc à chaque nouvelle édition d’une même œuvre) ou de la spécificité de ses informations (comme pour l’ISSN des journaux et revues qui ne tient absolument pas compte du support de la publication) : seul l’intérêt que présente la consultation ou l’échange d’ « entités » décide de la demande et de l’attribution d’un DOI permettant d’intégrer pleinement celle-ci dans le monde numérique (car constituant un numéro susceptible d’être utilisé comme adresse Internet donnant accès à services ou présentations).

L’intérêt des DOI semble ainsi évident : s’inscrivant dans le temps (puisque constituant des identifiants permanents, contrairement aux URL) et concernant toutes sortes d’objets, ils permettent une meilleure articulation entre circuits de l’édition numérique et « papier » et inaugurent un mode de commercialisation qui semble pouvoir constituer une planche de salut pour une édition scientifique à l’agonie ou pour des revues qui voient dans la vente d’articles à l’unité (comme le pratique le portail CAIRN) un salutaire moyen de diffusion.

Telle est l’une des questions à laquelle tente de répondre l’enquête sur les modes diffusion des revues qu’a lancée en mai dernier Lekti et ce « bloc-note » se fera prochainement l’écho de réflexions concernant cette technologie qui, on le pressent d’emblée, nous invite à nous interroger sur le devenir du livre à l'ère numérique.

mardi, juillet 22 2008

Lectures

Le nombre de livres présentés à la découverte et à la vente, sur la toute nouvelle librairie Lekti-ecriture.com, est en augmentation constante. À chaque jour, ses nouveautés, que chacun peut suivre à l'aide des flux RSS liés à chaque thématique. Le parti pris est de traiter en même temps des livres publiés (parfois) il y a plusieurs années, comme ceux qui viennent de sortir de presse, de manière égale. Puisque la valeur d'un texte est souvent proportionnelle au nombre d'années. En ces temps de spéculations sur les matières premières, j'inviterais volontiers à découvrir le livre de Robert Linhart, ''le sucre et la faim'', publié en mars 1980 par les éditions de Minuit. Ce livre publié voici presque trente ans est d'une terrible actualité, et Robert Linhart est un intellectuel à (re)découvrir.

Autre envie : celle de faire découvrir aux lecteurs la revue Marginales. En six numéros (dont le dernier consacré à Stig Dagerman, intitulé ''Stig Dagerman, la littérature et la conscience'', est essentiel pour tous ceux qui s'intéressent à la littérature et à l'engagement en littérature), la revue Marginales s'est imposée comme une revue de littérature d'une grande importance, avec sa maquette soignée et ses textes essentiels.

Quant à la rentrée littéraire qui s'annonce, au vu des programmes de parutions reçus, et de notre exigence de qualité, au niveau de la librairie Lekti-ecriture.com, le nombre de livres présentés à cette occasion ne sera pas bien élevé, selon toute apparence....

jeudi, juillet 3 2008

Pour le livre (bis)

Les lecteurs et professionnels peuvent désormais signaler leur solidarité avec le texte publié hier sur le bloc-notes Lekti-ecriture.com, porté par l'interprofession du livre en France, en cliquant sur cette adresse : http://www.lekti-ecriture.com/signezpourlelivre/?petition=2.

Nous invitons évidemment les lecteurs et les professionnels à diffuser le plus largement ce texte, qui nous concerne tous.

mercredi, juillet 2 2008

« Pour le livre »

Nous reproduisons ici l'appel pour le livre paru dans Le Monde du 2 juillet à l'initiative du Syndicat de la Librairie Française. Celui-ci peut être signé en ligne sur le site http://pourlelivre.net qui contient aussi des informations précieuses et des argumentaires pour sensibiliser aux enjeux de la loi de 1981 et à la défense de la librairie. N’hésitez pas à en faire le plus large usage possible !

Des amendements proposés par des députés de la majorité parlementaire lors de l’examen du projet de loi de modernisation de l’économie ont ouvert un large débat sur la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre, dite « loi Lang ».
Les professionnels du livre, auteurs, traducteurs, éditeurs et libraires, rejoints par les bibliothécaires et de nombreux acteurs du livre en régions, ont expliqué d’une même voix que ces amendements remettaient en cause la loi de 1981 et menaçaient les équilibres du marché du livre, ainsi que la diversité de la création et de l’édition françaises. Leur mobilisation a été relayée par des membres du gouvernement. Madame Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, a souligné combien cette loi restait un outil indispensable pour protéger la littérature. Madame Christine Lagarde, ministre de l’économie, de l’industrie et de l’emploi, quant à elle, a indiqué ne vouloir changer ni la politique du livre ni le système législatif actuel.
Les acteurs du livre sont néanmoins inquiets car beaucoup d’idées fausses sont colportées sur la loi par quelques multinationales du commerce culturel. Le lobbying qu’elles exercent auprès des parlementaires est à l’origine de ces amendements. Il vise à déréguler le marché du livre afin d’imposer un modèle commercial basé sur une volonté d’hégémonie et une stratégie purement financière. Derrière leurs arguments démagogiques mêlant modernité, défense du pouvoir d’achat et même écologie se cache un combat contre la création, la diversité, la concurrence et l’accès du plus grand nombre au livre.
Ce modèle culturel français, nous y sommes pour notre part indéfectiblement attachés. Ses vertus sont multiples. Avec plus de 2500 points de vente, le réseau des librairies est dans notre pays l’un des plus denses au monde. Il permet, aux côtés du réseau de la lecture publique, un accès au livre aisé et constitue un atout important pour l’aménagement du territoire et l’animation culturelle et commerciale des centres-villes. Ce réseau de librairies indépendantes cohabite avec d’autres circuits de diffusion du livre, les grandes surfaces culturelles, la grande distribution, les clubs de livres ou Internet. Depuis de nombreuses années et à l’inverse d’autres secteurs culturels comme le disque ou la vidéo, le marché du livre se développe sans qu’aucun circuit n’écrase ses concurrents. Chaque circuit joue son rôle et le consommateur bénéficie d’un véritable choix.
Pour la création et l’édition, cette densité et cette variété des circuits de vente du livre offrent à chaque auteur et à chaque livre le maximum de chances d’atteindre son public, qu’il s’agisse d’un premier roman, d’un ouvrage de recherche, d’un livre pour enfant, d’une bande dessinée, d’une œuvre traduite, du dernier roman d’un auteur connu, d’un livre pratique ou d’un ouvrage scolaire. Tous les livres pour tous les publics, voilà notre modèle.
Ce modèle, c’est la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre qui en est le pivot et le garant. En permettant d’infléchir les règles du marché afin de tenir compte de la nature culturelle et économique particulière du livre, elle passe aujourd’hui pour l’une des premières véritables lois de développement durable. Elle confie à l’éditeur la fixation du prix des livres qu’il publie. Les livres se vendent au même prix quel que soit le lieu d’achat, dans une librairie, une grande surface ou sur Internet, durant au moins deux ans. Ce système évite une guerre des prix sur les best-sellers qui ne permettrait plus aux libraires de présenter une offre de titres diversifiée ni aux éditeurs de prendre des risques sur des ouvrages de recherche et de création qui ont besoin de temps et de visibilité dans les librairies pour trouver leur public.
De surcroît, le prix unique fait baisser les prix. Contrairement aux idées reçues, les chiffres de l’INSEE montrent en effet que depuis une dizaine d’années les prix des livres ont évolué deux fois moins vite que l’inflation.
En favorisant la richesse, la diversité et le renouvellement de la création et de l’édition, en lieu et place d’une standardisation si courante dans de multiples secteurs aujourd’hui, en permettant une variété et une densité de points de vente du livre particulièrement remarquables, en privilégiant une véritable concurrence au détriment de la « loi de la jungle » et en maintenant des prix beaucoup plus accessibles que dans la majorité des autres pays développés, le prix unique du livre est une chance pour le consommateur, pour le lecteur et pour notre culture.
La loi du 10 août 1981 n’est ni obsolète ni corporatiste. Si elle mérite un débat, c’est pour la rendre plus vivante et plus forte encore.

jeudi, juin 26 2008

Amendements à la Loi Lang, etc

La loi Lang ne sera pas modifiée, du moins pas encore. Les deux amendements qui visaient à faire passer les délais de soldes pour tout livre de deux ans à six mois ont finalement été retirés de la loi de modernisation de l'économie. Le premier amendement, du député UMP Christian Kert, l'avait été avant la séance par le député. Quant au second, de Jean Dionis du Séjour (député du Nouveau Centre), il a été maintenu mais repoussé lors du vote de la loi à l'Assemblée Nationale, le 13 juin dernier. Ce qui a valu à Jean Dionis du Séjour, il y a trois semaines, lors d'un débat sur France Inter, de se faire traiter d' « idiot », en direct sur l'antenne, par Alberto Manguel (merci à lui pour cette saine réaction !).

Mais nous n'en sommes qu'au début, et les lobbyistes de l'Assemblée Nationale, habiles à préparer des amendements ou des projets de loi pour des députés en mal d'idées, se sont apparemment renforcés de quelques nouveaux membres ces derniers mois (on susurre bruyamment que certains d'entre eux viennent d'outre-Atlantique, je n'ai pu vérifier l'information), bien décidés à enterrer la loi sur le prix unique du livre, au motif évident qu'une loi qui a vingt-cinq ans d'âge est forcément caduque. Je ne savais pas (encore) qu'une loi était tel un camembert, qu'il existait une date de prescription qu'il ne fallait pas dépasser.

Mais nous allons tous commencer bientôt à l'apprendre, ces ces deux amendements ne sont, selon la plupart d'entre nous, auteurs, éditeurs ou libraires, que deux tentatives modestes, avortées, qui annoncent une offensive plus générale contre des « archaïsmes » (la loi Lang) contre lesquels il faut forcément lutter.

Étrange impression, puisqu'il suffit de traverser la Méditerranée pour se rendre compte que les pays du Maghreb sont en train de mettre en place leur propre loi sur le prix unique du livre, que cela soit en Algérie, en Tunisie ou au Maroc. Notre loi archaïque est présentée comme d'un modernisme incroyable dans certains pays riverains de la Méditerranée.

Étrange paradoxe.

vendredi, juin 20 2008

La librairie est là !

Nous en avions parlé régulièrement au cours des deux dernières années.

L'ambition de créer une librairie au sein de Lekti-ecriture.com, qui rassemble un nombre volontairement limité de librairies physiques, indépendantes, reconnues pour la qualité de leur travail, est ancien.

C'est désormais une réalité.

Vous pouvez vous rendre compte de la réalité de notre travail à l'adresse suivante : http://www.lekti-ecriture.com/librairie. Il ne s'agit pas là d'un lancement « officiel » , simplement de l'envie de faire découvrir la librairie Lekti-ecriture.com en avant-première aux lecteurs du bloc-notes Lekti-ecriture.com, en leur signalant toutefois que les vitrines et les outils de remontée de stocks de certaines libraires ne sont pas encore actualisées. Tout sera prêt d'ici une semaine, de ce côté-là.

Vous pouvez néanmoins, si vous le souhaitez, dès maintenant, commander l'ensemble des livres présentés sur la librairie Lekti-ecriture.com.

Quant aux outils communautaires, à destination des lecteurs, après de longs mois de travail, ils seront progressivement mis en place au cours de l'été, alors même que le nombre de livres disponibles à la vente va augmenter de manière considérable, semaine après semaine.

Le nombre de librairies physiques associées va également progresser de manière considérable au cours des prochains mois, même si nous préférons agir de manière pragmatique et prudente.

Le chantier considérable induit par la mise en place de la librairie Lekti-ecriture.com explique la relative léthargie que certains d'entre vous ont peut-être ressenti au niveau de la revue littéraire Contre-feux, ou du bloc-notes Lekti-ecriture.com. C'est désormais terminé !

Nous souhaitons à tous de faire de belles découvertes (du moins, nous l'espérons), sur la toute nouvelle librairie Lekti-ecriture.com.

mercredi, juin 4 2008

Fontaine O Livres, actualités

Fontaine O Livres, qui se définit comme un trait d'union pour les professionnels du livre dans l'Est parisien (XIe arrondissement), qui accueille d'ailleurs Lekti-ecriture.com sur Paris, évolue, et propose au cours de ce semestre des rencontres avec des professionnels du livre.

Nous reproduisons ci-dessous la programmation pour les trois prochains mois, et une assez courte présentation de la structure :

Fontaine O Livres développe ses actions 2008 à partir de rencontres professionnelles animées par des professionnels experts. Ces rencontres ouvertes aux adhérents visent à ouvrir des horizons, à donner des outils, à comprendre les nouvelles tendances à l’international, les niches sur lesquelles les éditeurs indépendants ont intérêt à se positionner, à provoquer des échanges constructifs entre participants...

Fontaine O Livres souhaite profiter du lancement de ces rencontres pour ouvrir les adhésions à de nouveaux membres, en priorité aux éditeurs de l’est francilien (ou plus largement, de toute l’Ile de France). Contactez directement Yann Chapin, responsable de l’association : 01 43 14 03 94 / yann.chapin@fontaineolivres.com

Le programme des rencontres (20 participants maximum) :

Lundi 9 juin 2008 Expertise éditoriale - Les nouvelles tendances Répondre à la demande ; les nouveaux atouts de l'édition indépendante Intervention de Pierre Astier (Agence littéraire Pierre Astier & Associés – Fondateur du Serpent à Plumes)

Septembre 2008 — Economie du Livre Entre septembre et décembre 2008 (interventions de J. Faucilhon / Lekti-ecriture.com) La diffusion et l’outil Internet — Bibliothèques numériques, numérisation : état des lieux et modèles economiques

Octobre 2008 — Gestion des droits & développement

Novembre 2008 — L’édition indépendante dans le marché global

Décembre 2008 — Expertise graphique

Pour en savoir plus, accéder au site Internet de fontaine O Livres : http://www.fontaineolivres.com

mardi, juin 3 2008

Lekti-ecriture.com rejoint l'AFUL

Lekti-ecriture.com est devenu hier officiellement membre de l'AFUL ([Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des logiciels libres).

Avec une envie, celle de promouvoir l'utilisation de standards et et l'interopérabilité au niveau du monde du livre, qui connaît souvent (trop) mal l'ambition et la philosophie du logiciel libre.

Au moment où les bibliothèques, patrimoniales ou locales, sont approchées par de nombreux groupes qui souhaitent leur vendre leur solution de numérisation de livres, à l'instant où de nombreux éditeurs et/ou libraires choisissent, par méconnaissance, des solutions « fermées » de diffusion de livres numériques, verrouillées par des DRM, aussi inefficaces du point de vue de la protection des œuvres, que dangereuses dans leurs conceptions (une œuvre, dans un système fermé tel que celui proposé par la plupart des plate-formes de téléchargement de livres, qu'elles s'appellent ebookstore de Sony, Numilog ou Amazon Kindle, devient un objet qu'il faut protéger contre sa diffusion), il paraissait nécessaire de s'associer aux groupes de travail de l'AFUL, et de dessiner des ponts entre l'univers du livre et celui du logiciel libre, deux écosystèmes qui se connaissent décidément trop mal, et qui auraient intérêt à travailler ensemble, afin de dessiner les esquisses de nouveaux moyens de diffusion pour les œuvres de l'esprit.

Pour en savoir plus, quelques liens :

Le site officiel de l'AFUL.

Le site ressource Eucd.info, édité par l'APRIL, autre association francophone de promotion du logiciel libre.

DefectiveByDesign, le site (en anglais), de la campagne de la Free Software Foundation contre les DRM.

samedi, mai 31 2008

Disparition de Dominique Autié

Dominique Autié nous a quitté cette semaine, à Toulouse, emporté par une maladie foudroyante à l’âge de 59 ans. Connu de tous, il fit preuve durant toute sa vie d’une activité entièrement vouée au livre.

Auteur, il publia des essais (Approches de Roger Caillois, Privat) puis des romans (Le clavier bien tempéré et surtout Le Bec dans l’eau aux éditions Phébus) avant de développer un blog (la place de l’auteur étant selon lui tout autant sur Internet que dans le monde de l’imprimé).

Éditeur, il dirigea les éditions Privat avant de fonder InTexte avec sa compagne Sylvie Astorg. Travaillant avec le Muséum de Toulouse, il y mena également des projets qui lui tenaient à cœur comme la parution de L’Ensemble conventuel des Jacobins de Toulouse de Maurice Prin.

Formateur, il enseigna en BTS édition puis dans le Master « Système, pratique et diffusion de l’édition imprimée et électronique » de l’université Toulouse-Le Mirail. S’étant largement impliqué dans cette formation dès sa naissance et aux cours des trois années suivantes, il fut un enseignant disponible, jamais avare de son temps, ne mesurant pas ses efforts et contribuant activement au devenir des étudiants des différentes promotions.

Rappelons enfin que Dominique, fils et petit-fils d’ouvriers typographes, a patiemment constitué, au sein des locaux d’InTexte, une très belle bibliothèque à la hauteur de sa culture du livre. Passionné par l’œuvre de Georges Bataille, dont il faisait collection, gageons qu’il a rejoint sereinement cette mort dont le philosophe français parlait avec tant de justesse.

Le rapport qu’il entretenait aux livres et à ses contenus s’apparentait à celui d’un esthète qui nourrissait une véritable « amitié » comme aurait pu l’entendre un certain Maurice Blanchot. C’est à cette amitié que nous – communauté de lecteurs – souhaitons rendre un ultime hommage par-delà les mots et où qu’il soit désormais.

Benoît Berthou, Eric et Hervé Floury

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